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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 08:00

presse, journaux, Solange Tellier, journal d'une correspondante de presse, correspondante locale de presse, Sud-Ouest, Charente Libre

1981. Donc.
Cela fait maintenant deux ans que j'habite ce petit village au nom fleuri. Fleurac. Oui, il a un beau nom ce village ...

Moi, vous savez, avant d'arriver ici, les villages, je ne connaissais pas. La campagne m'avait seulement accueillie à peine une année durant. Elle avait malgré tout laissé en moi des traces.
De ça je suis aujourd'hui persuadée. Les premières odeurs, les premières images qui s'impriment dans le cerveau, mais sans doute plus surement dans le coeur d'un enfant, y restent jusqu'au jour où ses yeux se ferment sur le monde. Et sans doute ces premières impressions balisent-elles son chemin, sa vie durant.
Bref.
Ah! Je vous ai prévenu, n'est-ce pas ? ... Je vais, je viens, entre les mots ... ça vous agace, n'est-ce pas ?Je sens même que vous n'allez pas tarder à déserter ce blog pour de bon.

Depuis deux ans j'avais donc eu le temps de m'habituer à la vie de la campagne.S'habituer, un grand mot ! Disons que j'essayais de pallier au manque d'activité par des occupations. A côté de mon métier s'entend. Car j'avais malgré tout un métier. Chaque matin, je prenais le chemin de l'école avec mon cartable comme le font tous les enfants.
Donc les esprits mal pensants diront, et c'était chose courante à l'époque, que je faisais partie de ceux, de celles, qui "sont toujours en vacances". Ah!! Si vous aussi, vous faites partie de ceux qui prennent le cartable tous les matins, vous devez la connaitre la rengaine. Et en campagne, croyez-moi, j'y ai eu droit et pas toujours par malice bon enfant ...
Ah, j'avais oublié de vous dire que c'est le mariage qui m'avait amenée à la campagne.

Donc à côté de mon métier, à côté de mes occupations conjugales, ou devrais-je plutôt dire, mes occupations ménagères... j'avais du temps libre. Heureusement pour moi. J'avais toute petite appris à m'occuper seule.
J'aimais la tranquillité, les balades à vélo, la musique, la peinture. J'occupais donc mon temps libre du mieux que je pouvais. Je partais souvent aussi vers la grande ville où j'avais mes attaches et mes repères.
La campagne ne me pesait ainsi pas trop. J'en prenais les avantages, et j'apprenais à en oublier les inconvénients.

Bon, vous allez me dire, cela n'a plus rien à voir avec le titre ... oui. Alors disons qu'ici, c'est surtout histoire de vous montrer les dessous d'une correspondante de campagne. Les dessous ... allez, je vous vois bien ... disons plus exactement, la vie quotidienne d'une correspondante de campagne... que je n'étais toujours pas en ce beau mois de juillet. Parce que correspondante je ne le devins, par hasard, que courant octobre de cette-même année.

A l'époque, c'est à dire, il y a une vingtaine et plus, être correspondant consistait à se faire le relais auprès de la rédaction de tous les petits faits divers d'un village. Chaque village avait son correspondant. Je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais la plupart du temps celui-ci était l'instituteur. Ou bien, si un café existait, c'était le cafetier qui était chargé de cette mission. Le même que celui qui distribuait les journaux. Ah!!!! Pour l'instituteur, j'y pense soudain : c'était sans doute à cause des vacances !!!!!!!!!!

C'est donc tout naturellement que lorsque la correspondante en titre désira arrêter son activité, elle vint frapper chez moi pour me proposer de la remplacer. Moi, j'étais toute jeune. La charge me paraissait bien importante. Ecrire dans le journal! Serai-je à la hauteur ? Rendez-vous pris avec le chef d'agence de Sud-Ouest Angoulême. Qu'il me pardonne, s'il est toujours du monde, j'ai oublié son nom. Petite entrevue sympathique. Pas de bilan de compétences. Juste une question de confiance. Et me voilà promue correspondante locale de presse.

Autre fait remarquable à l'époque, sur notre belle Charente, deux journaux se partageaient, et se partagent toujours d'ailleurs, le territoire. Même groupe, mêmes intérêts.Alors, "à l'époque" comme aiment si bien à dire les personnes d'un certain âge (ah, mon dieu, serais-je déjà une personne d'un certain âge ?) à l'époque donc, quand on devenait correspondant de l'un des quotidiens, on était automatiquement correspondant de l'autre. Double promotion donc, double casquette : je devins à la fois correspondante Sud-Ouest et correspondante Charente Libre. Casquette que je porte encore avec un autre collègue. Un instit', comme moi ! Les dinosaures, on nous appelle... parce que sur la Charente nous sommes les derniers.

Jusqu'à il y a peu, nous croyions d'ailleurs être les deux seuls survivants de cette espèce en voie d'extinction. Eh bien figurez-vous que lors d'une récente réunion Charente Libre, figurez-vous que nous en avons retrouvé, une troisième de dinosaure à deux casquettes !

 

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commentaires

sister for ever 23/10/2009 14:34


Moi je fais des digressions à l'oral... c'est ça qui agace mon entourage!!
Pour les enseignants je te rassure: ceux de mon entourage sont tous des passionnés de leur métier - cela reste vrai sur 3 générations! Ils en ont bavé, ou ils en bavent tous, et les vacances
suffisent souvent à peine à leur permettre de se reconstituer avant la rentrée suivante. Et ils recommencentt à s'investir largement au-delà du minimum nécessaire! Donc mes plaisanteries sont très
superficielles et sont devenues un code...
Ma belle-soeur fait sa dernière année d'instit en maternelle. Mon mari lui a dit: «ce qui est bête c'est que dans quelques mois tu n'auras plus de vacances»!!! Il en profite car il ne pourra
bientôt plus faire enrager sa petite soeur!


sister for ever 22/10/2009 23:42


Ce que tu fais ce sont des digressions... j'en suis moi-même très adepte, ce qui agace tellement mon entourage que quelquefois je préfère me taire.
Eh bien moi j'aime beaucoup tes digressions, et ce que tu écris n'est en rien lassant.
Pour les vacances, étant entourée de nombreux enseignant(e)s et ayant moi-même fait mes 40 ans de carrière dans le privé... tu penses bien que je fais partie de la meute qui s'acharne sur ces
pauvres profs (mes belles soeurs, ma meilleure amie, mes neveux et nièces) en déclarant - même si c'est plutôt mon mari qui le dit: «Quand vous n'êtes pas en vacances c'est que vous allez bientôt
l'être»!!! Mais bon, au fond, on a quand même pour vous respect et admiration allez!!


Amb55 23/10/2009 09:41



ah les digressions ! je ne les fait jamais à l'oral, de peur de lasser, et surtout de peur de perdre le fil. Il me faut après un coq à l'âne bien développé, des minutes de réflexions pour
remonter le marabout-bout'd'ficelle. A l'écrit, j'aime en faire. Cela laisse la liberté au lecteur de poursuivre ou non, de faire avec moi les mêmes pirouettes, et cela me permet de revenir en
arrière autant que je veux sans perdre le fil.
Pour ce qui est des enseignants, moi qui ne suis pas d'une famille d'enseignant, moi qui n'est pas épousé une famille d'enseignant, je dois avouer que j'en ai réellement bavé sur ce point parce
que les remarques ne sont pas toujours faites avec sympathie. Aujourd'hui j'assume, haut et fort, et je dis sans honte combien j'aime mes vacances et combien j'en ai besoin. Tant pis pour ceux
que ça dérange.



Jean-Luc Tenant 22/10/2009 22:43


Solange, je suis allé jusqu'au bout de la lecture et je n'ai pas déserté le blog. Merci de ce récit où je reconnais un morceau de moi-même qui n'ai pourtant qu'une casquette...
Bises.


Amb55 23/10/2009 09:28


Merci Jean-Luc de participer ainsi par tes commentaires qui permettent de partager des petits quelque chose de notre vie de corres'. Belle opportunité que nous ont donné il y a peu les
rédactions de mieux nous connaître. Cela permet de partager, et de découvrir ensemble que nous vivons bien les mêmes choses, tous autant que nous sommes, disséminés sur le petit territoire
charentais. Jusqu'à il y a peu, je dois avouer que je me sentais bien seule dans mon coin de Fleurac. J'aime bien cette idée que nous sommes tous unis, ou pris aux tripes, c'est selon, par les
mêmes émotions. A bientôt. et merci de ton passage fidèle.


Amb55 03/10/2009 20:53


Je remonte le courant en reprenant mes post par le dernier. Cela me permet de corriger, classer, réunir, histoire de donner une autre vie à ce blog.
Dans cette catégorie "correspondances" vous trouverez mes états d'âme de correspondante locale et aussi quelques articles parmi ceux que j'ai aimé particulièrement faire. Aujourd'hui je viens donc
de réunir deux posts concernant "cette année des roses - 1981-".
Je ne sais pas comment ce blog va être mis en valeur sur la plate-forme, pas encore eu le temps de me pencher sur ces considérations. Mais si par hasard vous entrez ce soir chez moi, par l'année
des roses, j'espère que ma plume vous plaira et que vous n'hésiterez pas à revenir pour parcourir en long, en large, en travers, ma prose et ma poésie. A bientôt.