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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 14:15

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De notre région, qu’elle soit Guyenne ou Poitou, nos voisins Anglais avaient fait  dans les années 1300, un pont avancé de leur île sur le continent européen. Les historiens ne m'en voudront pas de cet abus de langage, cet anachronisme, la dénomination "continent européen" ne faisant pas encore partie du vocabulaire géo-politique, même si monarques et empereurs, à l'image de César ou Charlemagne, n'aspiraient qu'à construire et posséder pour leur propre compte cet espace maintes fois unifié puis morcelé. 

De belles damoiselles bien de chez nous, Aliénor d’Aquitaine ou Isabelle Taillefer, de notre bonne cité d'Angoulesma, avaient attisé Outre-Manche, de par leurs amours étrangères, quelques convoitises. Plus sérieusement dit, l’Angleterre,  à force d'alliances et de naissances franco-anglaises,  lorgnait   vers l’Aquitaine, la Charente et le Poitou. Pas seulement lorgné d’ailleurs puisque les bases avancées étaient bel et bien installées dans nos régions rattachées au royaume d’Angleterre. Notre territoire annexé, était parcouru de soldats qui eux, lorgnaient en tout premier lieu sur les belles de la région, même si elles n'étaient point Aliénor ou Isabelle. (vous remarquerez je n'ai pas rajouté sur le derrière). Les Charentaises, vaillantes et travailleuses, lorsqu'elles partaient pour les champs ou les marais salants, croisaient en chemin ces soldats amateurs de bière et fumant des cigares (euh, non, ça à vrai dire je n'en sais rien ! ). Il n'en est pas moins  vrai qu'elles devaient bien souvent repousser les avances galantes de ces derniers. Les mères, et probablement encore plus les époux, avaient expressément recommandé à leurs filles et femmes, de ne se laisser courtiser par l’occupant sous aucun prétexte, et encore moins de se laisser embrasser.  Les paysannes charentaises apprirent donc à dire « kiss me not ». Etait-ce l'accent qui n'était pas correct ? Etait-ce la forme qui n'était pas vraiment persuasive ?  Toujours est-il les galants d’Outre-Manche refusaient la plupart du temps de se laisser convaincre par ces trois mots. Il fallut donc aux dames, outragées (peut-être), indignées (pas si sûr!), enfin, pour tout dire, non consentantes (du moins on le suppose), inventer un stratagème pour faire front en interdisant toute avance rapprochée et tenir leurs lèvres  à l'écart de toute tentative gourmande. Elles armèrent le foulard qui protégeaient leurs cheveux, de minces lamelles de bois ce qui eut pour résultat d'en faire une coiffe rigide  prolongée par un petit auvent protecteur. La "quichenotte" sensée interdire les baisers était née.   Solange Tellier ©- blogs sud-ouest -08-11-08

Elle n’est pas jolie mon histoire de quichenotte ? Seulement voilà, certains  érudits n’y croient pas du tout à mon histoire. Ils préfèrent penser que quichenotte vient de « quichou », petit tas de foin. Le foin que les Charentaises allaient ramasser dans les champs les jours de grand soleil.  Messieurs les érudits, laissez-vous donc de temps en temps aller à la poésie. D’ailleurs, le foin, le tas de foin, le quichou, il peut aussi donner prétexte à quelques galanteries pour lesquelles, j'en conviens, on peut très bien se passer de coiffis.

 kichenottes-fleurac-marottes.jpg       kichenotte.jpg

 

photo 1 : musée de la coiffe, Fleurac, photo Solange Tellier

photo 2 : croquis de Marie-Claude Monchaux, coiffes d'Aunis et de Saintonge

Tous droits réservés

promis, je prendrai prochainement le temps de vous parler ici du musée de la coiffe, installé dans mon village. 

 

article presse musée de la coiffe Fleurac - cliquer ici-  

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commentaires

NéO~ 21/09/2013 12:36


Bonjour sage rose des vents ;)


 


Merci pour cette plongée , au travers de l'histoire ,


Ma foi les belles à voir , ont sût se protéger ,


Pour éviter l'anglais , sans déclencher d'autre part ,


Des représailles avares , d'une cour par intérêts .


~


NéO~


~


Becs Kiss défendent

Amb55/Solange 25/09/2013 20:31



Bonsoir NéO


Point besoin de quichenotte pour Helvète poète


J'apprécie vos quelques notes sur ce blog en goguette


et pour vous ce soir viens de retrouver


les photos qu'imaghôtel m'avait volées.


Becs charentais.


 



Keramiek 09/04/2010 12:03



Comme tu l'as remarqué, ce serait en effet fort dommage si j'aurais ignoré ce détail. 


N'aie crainte pour le reste: je n'ai rien de ces soldats qui contraignaient les femmes à donner un bisou.


Amicalement,


Keramiek.



Keramiek 09/04/2010 08:07



Bonjour chère Solange. Je suis comme toi. Je préfère de loin ton étymologie.


Et je peux confirmer ton soupçon. Ces soldats britanniques ne mâchaient pas du tabac ou ne fumaient pas de cigares. Il faut attendre que Cristoforo Colombo découvre l'Amérique pour voir
apparaître le tabac en Europe. Et les cigares suivront encore plus tard.


Tes soldats tenaient probablement un brin d'herbe entre les lèvres.


Cordialement,


Keramiek.


 



Amb55 09/04/2010 09:46



Bonjour Keramiek, merci de tes visites, et de ton commentaire éclairé, c'est vrai que question tabac il me semble que tu en connais un rayon 


Quant à moi, même sans quichenotte j'aurais bien du mal à te faire quelques bisous ;).


En toute amitié. Solange.