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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 15:03

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Les derniers Poilus français ont tous rendu l’âme. Curieusement, la guerre 14-18, la Der des Der, revient dans les mémoires, revient sur le pavé.avec  peut-être, d’autres émotions que celles développées jusqu’à présent. L’excellent film, « La veuve Maupas » diffusé le 11 novembre sur France2 avec Romane Borhinger, émouvante dans le rôle titre, apportait  un autre regard sur cette guerre, horrible s’il en fut, même si comme le rappelait un des ces messieurs qui tenait l’exposition « objets des tranchées » dans un petit village voisin du mien, « Il n’existe aucune guerre ni pire ni meilleure qu’une autre. Dans chacune d’elle, les atrocités sont les mêmes quelque soit le contexte géographique ou historique ».

Pour parler de cette expo, donc, quelques photos et la version améliorée de mon papier publié dans CL et SO. J’avoue que je suis allée faire le reportage sans déborder d’enthousiasme, m’attendant à trouver quelques objets épars et un collectionneur ringard  un tantinet ( ou plus) patriote-bleu-blanc-rouge-béret-baguette et décorations militaires fièrement arborées sur la poitrine.

Si je colle ici, mon article, c’est que j’ai bel et bien été soufflée par ce que j’ai découvert dans la grande salle municipale de Mérignac. D’abord l' accueil bon enfant d'un collectionneur passionné mais nullement patriotique dans l’acception exclusive du mot. Une personne avide de partager et surtout de donner vie à ses trésors. Plus de trois mille objets exposés où le crucifix côtoie le briquet un brin coquin, où les instruments chirurgicaux dont on sait qu’ils furent souvent instruments de torture sont à la table voisine de Nénette et Rintintin, deux petites poupées de laine réalisées par un  enfant  pour porter bonheur à son papa qui les tenait bien au chaud sur son cœur à l’intérieur de la vareuse. La plupart des objets ont été fabriqués avec le laiton des  obus , par des soldats généralement en ligne arrière pour un court séjour qui leur permettait de se remettre un peu des horreurs de la première ligne, située parfois à quelques mètres seulement du front ennemi. Une intimité avec l’ennemi qui n’empêchait pas les combats meurtriers. Tous ces objets sont à considérer comme des créations artistiques à part entière. Il n’est pour s’en persuader qu’à observer la finesse et la justesse des traits, des gravures réalisées avec des pointes de baïonnettes, de simples couteaux ou des poinçoins de couture . L’expression de toute une génération d’hommes qui ont, dans des conditions inhumaines mis à prfit leur moindre temps libre pour faire exploser leur humanité créatrice.  Cette exposition  sur quatre jours, méritait plus qu’un simple coup d’œil et certaines personnes n’ont pas hésité à s’installer une demi-journée pour tout découvrir et prendre le temps de lire cartes , courriers et autres documents. Les enseignantes de l’école de Mérignac ont conduit leurs élèves.  Albert Robin a été touché par les dessins qu’ils ont apportés et qui relataient la vie des soldats dans les tranchées ou encore qui affichaient de véritables slogans pacifistes tels que « non à la guerre », « plus jamais de guerre … ». 

En tout, plus de mille personnes sont passés par l’exposition où des films étaient projetés en continu. Une exposition qui n’a rien, comme on pourrait le penser, et il faut le souligner, d’un simple sursaut de patriotisme ou d’une quelconque nostalgie. Dans cette remarquable collection, les objets sont certes inanimés, mais Albert Robin se fait présent auprès des visiteurs, et veille à faire par ses explications et ses anecdotes, de chaque objet, un objet de mémoire dans lequel le quotidien des Poilus est inscrit à jamais. Un quotidien difficile, douloureux mais aussi parfois plein de clins d’œil, de sensibilité et de petits bonheurs. Une exposition vivante avec encore des photos, des affiches, des courriers poignants,  et pleins d’autres souvenirs qui ont su marquer même les plus jeunes. Une exposition qui a elle seule vaut toutes les leçons d’instruction civique et morale. « Plus jamais de guerre » ont écrit les enfants.

Solange Tellier 

A noter que le téléfilm « La veuve Maupas », est tiré d’un ouvrage de Macha Séry et Alain Moreau. Voir ici













photos S.Tellier

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commentaires

JB 21/11/2009 07:21


Un article qui va droit obus...
"Un peu facile comme commentaire !" me direz-vous...
"C'est de bonne guerre !" rétorquerai-je.


Amb55 21/11/2009 09:48



facile ? pas tant que ça, il faut déjà une bonne dose de savoir-faire torturer les mots. Tu excelles en la matière et moi je me régale. Reviens quand tu veux JB. Amitiés.



Solange 20/11/2009 10:15


doit-il y avoir nécessairement la guerre pour donner aux hommes l'opportunité de se découvrir artistiquement ?  ... cette idée là me semble curieuse ... car à voir la profusion d'objets, il ne
s'agit pas seulement de quelques hommes, mais d'un nombre incalculable d'hommes qui peut-être n'avaient pas avant le conflit conscience de leurs talents. Franchement, je suis revenue de cette expo
toute retournée par ce que j'ai vu, et par les questions qui ont suivi. Par une peine aussi, celle d'avoir "connu" mon grand-père sans jamais n'avoir su qui il était,  mis à part  l'
homme dur, revenu de la guerre blessé  qui ne m'aimait guère et que je n'aimais guère ...


Jean-Luc T. 19/11/2009 22:07


J'ai vu une expo de ce genre près de Reims, sur l'ancienne ligne de front. C'est extraordinaire de découvrir tous ces talents...