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4 février 2011 5 04 /02 /février /2011 17:58

pantoum poème malais Baudelaire harmonie soir  pantoun pantun Louisa Pène-Siffert Hugo Marguerite Valois Angoulême première terminale A

 

Savez-vous ce qu'est un pantoum ?

Pour ma part, j'ai dû savoir cela du temps où sur les bancs de Marguerite de Valois je faisais mes littéraires humanités en première et terminale A. Mais j'avoue que j'avais bel et bien oublié. Pourtant Dieu sait si je les aime les Fleurs du mal. Il m'arrive encore de sortir de mes étagères ce classique livre de poche à la tranche orangée, édition de 1974 pour chercher entre ses pages jaunies celle qui me fera voyager entre spleen et idéal. Seulement voilà, à ne vouloir de la poésie qu'exprimer sa liberté, sans contrainte ni règle, j'avais oublié le pantoum, poème qui doit ses origines à une forme malaise demandant à la fois rigueur et dextérité.

Il a fallu que je rencontre il y a quelques jours le jeune directeur artistique de la compagnie Pantoum pour me faire souffler ce qu'était le pantoum. Alors avec le lien vers la très informelle informée wikipédia je vous livre celui des pantoums que j'ai préféré. Une oeuvre de la jeune Louisa Pène-Siffert morte à l'âge de 20 ans. Quant à Harmonie du soir de Baudelaire que je trouve aussi très belle, il paraît que c'est un faux pantoum.

Bon, alors si maintenant, il faut démêler le vrai du faux ... je n'ai plus qu'à retourner à Marguerite ou les A doivent aujourd'hui s'appeler L.

Vraiment j'ai vingt ans révolus,
Ma première enfance est enfuie.
- Hélas ! les beaux jours ne sont plus,
C'est l'automne, voici la pluie.
Ma première enfance est enfuie,
Mes premiers muguets sont passés.
- C'est l'automne, voici la pluie,
Les nuages sont amassés.
Mes premiers muguets sont passés,
Mon aubépine est effeuillée.
- Les nuages sont amassés,
La prairie est toute mouillée.
Mon aubépine est effeuillée,
Et j'ai pleuré sur ses débris.
- La prairie est toute mouillée,
Plus de soleil, le ciel est gris.
Et j'ai pleuré sur ses débris.
Pourtant, ce n'était rien encore.
- Plus de soleil, le ciel est gris,
Le bois de rouge se colore.
Pourtant ce n'était rien encore,
D'autres fleurs s'ouvraient sous mes pas.
- Le bois de rouge se colore
Mais le beau temps ne revient pas.
D'autres fleurs s'ouvraient sous mes pas
J'ai teint de mon sang leurs épines.
- Mais le beau temps ne revient pas,
La sève descend aux racines.
J'ai teint de mon sang leurs épines.
Adieu, fleurs qu'on ne peut cueillir.
La sève descend aux racines,
La nature va défaillir.
Adieu, fleurs qu'on ne peut cueillir :
Joie, amour, bonheur, espérance !
- La nature va défaillir
Dans une indicible souffrance.
Joie, amour, bonheur, espérance,
Que vous étiez beaux autrefois !
- Dans une indicible souffrance,
Faut-il que tout meure à la fois ?
Que vous étiez beaux autrefois,
Au clair soleil de la jeunesse !
- Faut-il que tout meure à la fois ?
Est-il sûr qu'un jour tout renaisse ?
Au clair soleil de la jeunesse,
Pauvre enfant d'été, moi, j'ai cru.
- Est-il sûr qu'un jour tout renaisse,
Après que tout a disparu ?
Pauvre enfant d'été, moi, j'ai cru !
Et tout manque où ma main s'appuie.
Après que tout a disparu,
Je regarde tomber la pluie.
Et tout manque où ma main s'appuie.
Hélas ! les beaux jours ne sont plus.
Je regarde tomber la pluie...
Vraiment, j'ai vingt ans révolus.

Louisa Pène-Siffert

Harmonie du soir 



Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir!

Les Fleurs du mal - Spleen et Idéal - Charles Baudelaire


fleurs-du-mal-photo-blog.jpg
                                           Les fleurs du mal. Texte intégral. 
                                               Livre de poche édition 1974

La compagnie Pantoum - article de presse- 
 

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commentaires

pict 07/03/2011 23:18



superbes, j'avais oublié ...



Amb55 08/03/2011 19:18



merci Pict de ton passage qui me fait réellement très plaisir. A bientôt. 



Camille 07/02/2011 11:11



EN CE MOMENT JE LIS UN ESSAI DE BALZAC SUR CATHERINE DE MÉDICIS. UN PEU ARDU AU DÉBUT MAIS JE ME SUIS ACCROCHÉE CAR J AIME LES LIVRES HISTORIQUES DE TOUS
LES SIÈCLE ET J AI LU 2 LIVRES SUR LES DERNIERS INSTANTS ET DERNIÈRES SEMAINES A VERSAILLES DE MARIE ANTOINETTE AINSI QUE FOUCHER. JE VIENS DE COMMANDER LE LIVRE DE
FATIMA BHUTTO " LE CHANT DU SABLE ET DU SANG"


TU VOIS CETTE FOIS J AI LAISSE UN MESSAGE! A BIENTÖT A TOI ET BON LUNDI



Amb55 07/02/2011 19:14



C'est très gentil à toi Camille. Merci pour le petit mot, et merci aussi pour le partage de tes impressions sur tes lectures. Le lundi se termine, je viens tout juste de poser le cartable.
L'histoire est au programme demain. On boucle la Révolution avec la Convention et la Terreur pour faire connaissance avec le petit caporal. Tu vois, tu es presque au même niveau que moi pour le
programme :-)  Je suis sûre que tu aurais pu venir dans ma classe et raconter plein de choses qui auraient plu aux enfants au sujet de Marie-Antoinette.


Amitiés à toi Camille et à bientôt. 



Camille 06/02/2011 13:47



QUELLE DOUBLE COÏNCIDENCE, JE SUIS ENTRAIN DE RELIRE LES FLEURS DU MAL SUR MON E BOOK. OU JE NE PREND QUE DES LIVRE ANCIEN CE N EST PAS PARCEQUE C EST GRATUIT MAIS C EST POUR ME REPLONGER
DANS MES SUJETS PREFERES LA LITERRATURE ET LA PHILO


BISES



Amb55 06/02/2011 19:32



entre deux fleurs, du mal ou du bien, merci d'être passée sur mon modeste blog Camille. Quant à moi j'ai du mal à lire sur un écran. Je ne me résous pas à mettre au placard toutes ces pages
jaunies à l'odeur tellement remplie de souvenirs. J'espère que le papier aura encore de beaux jours devant lui. Je ne conçois pas le plaisir de lire sans celui de tenir entre ses mains un ouvrage
bien réel qui donne aussi la possibilité de le prendre à n'importe quel moment, dans n'importe quel endroit ( même dans les plus petits endroits). Et puis, ce plaisir de toucher, de suivre avec
son doigt les lignes, les lettres. Et puis, la luminosité de ces écrans me dérange terriblement. Mais bon, j'ai conscience que ce progrès peut permettre un accès plus facile peut-être, donne une
liberté dans le choix, à n'importe quel instant. En tout cas merci à toi de t'être arrêtée ici. Amitiés. 



sister for ever 05/02/2011 18:15



Pas allée sur wikipedia... je me suis juste laissé bercer par le poème que tu as choisi et qui est d'une harmonie incroyable! et du coup je pense avoir deviné ce quétait un pantoum, ce genre me
plaît énormémént. Baudelaire? petit joueur!! il ne reboucle même pas sur la première strophe!!!! (lol!)



Amb55 05/02/2011 23:28



cela convient en effet très bien au très beau poème de Louisa. Ce spleen qui va, vient, se déroule et revient, lancinant comme les vers "caducéins" (mot inventé inspiré par l'image de Michel). Je
m'y essaierai sans doute.


Merci Sister de ta présence et tes mots chaleureux ici et ailleurs.



Michel 05/02/2011 06:16



Le pantoum , ces deux idées enlacées en caducée , pas facile en la conception , un duo une harmonie célébrés avec brio par Baudelaire et surtout allégés...............un chant pour deux voix et
un seul coeur..................ou comment la poésie peut s'encarter pour se libérer.......................toutes ces formes pour un même amour de la vie...................quand l'esprit humain
est capable du meilleur avec des mots papillons , futilité d'un grand sourire..............................merci de votre passage


...............................amitiés................Mimi



Amb55 05/02/2011 10:31



belle image pour dire ce poème qui roule, s'enroule, se déroule, monte et descend. Difficile sans doute, j'ai du mal à formater ainsi mes mots dans un moule préfabriqué. Mais avec un peu de
pratique sans doute on doit pouvoir y arriver en retrouvant sa liberté. Merci à toi aussi Michel d'avoir ouvert la porte de mon petit univers pour y glisser quelques mots papillons.