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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 15:46

viaduc de l'Anguienne, il suffit de passer le pont, photo, photo Solange Tellier, poème, poésie

Passer le pont. Laisser en arrière toutes ses chimères. Avancer pour ne jamais reculer.

...

Regarder sous ses pieds, sous le pont, l'eau claire. Pureté, réalité. Reflets de tes amours passées. De ta vie déjà bien avancée. S'y noyer.
Ne pas les reconnaître...
Ne pas les oublier. Savoir qu'ils ont été, qu'ils sont, qu'ils seront. Revenir.
Passer le pont juste pour quelques instants. Connaître un peu de l'autre rive. Plaisirs intenses, immenses. Soupirs. Amour sans précédent. Savoir qu'il faudra revenir. Quand même. Quand m'aime.
Quitter alors cette rive ensoleillée. A regrets. Pleurer.
Derrière les grands peupliers le soleil s'est couché. Il reviendra demain...
 

 ©Ambre, le 08/05/2005  Il suffit de passer le pont (extrait)

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Il suffit de passer le pont

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 11:05

chandeleur, lune, poème, Solange Tellier, photo, photo Solange Tellier, crêpe

la-lune-de-la-chandeleur.jpg
Ronde comme une crêpe
La lune ce soir fait la fête
C’est la chandeleur
Elle a bu trop de liqueur
Elle rit la coquine
En passant la colline
Toute rosie toute jolie
Bientôt elle sera blonde
Et moi qui suis gourmande ….
Lune si tu étais moins haut
Je te croquerais illico.

©Solange 2 février 2007logo-copygright.gif

 
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24 janvier 2010 7 24 /01 /janvier /2010 21:50

Orval, Varennes, Jean-Claude Servais, Louis XVI, arrestation, Florenville, Club de la BD, Varennes-en-Argonne, Servais, Varennes en Argonne, Sainte-Menehould, Drouet, famille royale, album, bande dessinée


article et photos pleine page. Cliquer.

Il est des chemins pour lesquels jamais vous ne savez où ils conduisent vos pas, votre coeur et votre âme ...
A l'heure où Angoulême prépare son 36ième festival bullesque je ressors ces petites pensées de mes brouillons. Elles ne sont pas si rassises que ça mes petites pensées puisqu'elles datent du début de cette année. 

  Varenne-en-Argonne--2-.JPG   Varenne-en-Argonne--1-.JPG

 

j'ai aimé ce clin d'oeil à "la Poste" de Varennes située juste en face du lieu commémoré par cette plaque. Les chevaux conduisant la diligence de Louis XVI n'étaient-ils pas "de la poste" ?

orval-meme-en-hiver.jpg

 

DSC05327.JPGOrval_par_Jean-Claude_Servais_chez_Dupuis_0.jpg

 


************ *************
J'ai déjà raconté ici ma première dédicace obtenue cela fait bientôt un an, au festival de la BD.
Cette année c'est un entrelac de hasards qui a tissé le fil d'un chemin invisible me conduisant à ma deuxième rencontre, parfaitement imprévue, avec Jean-Claude Servais.
De Varennes à Orval, puis d'Orval à Florenville ... un timing en roue libre, des balades faisant fi de l'heure, des petits contretemps de toutes sortes... et je me retrouve, habillée comme une oursonne polaire faisant fi du réchauffement annoncé, dans la boutique  au n° 1A, rue de la station. Rien à voir avec la tenue vestimentaire que je portais en janvier 2009, sous le chapiteau surchauffé des éditeurs à Angoulême, où c'est en tee-shirt bretelles que je patientai pendant plus de deux heures pour obtenir  une dédicace de celui qui venait de publier "Lova".
En cette fin d'année 2009 j'aurais pu acheter le dernier album de Servais au sortir de l'exposition
que je venais de parcourir,  présentant dans les salles voûtées du musée de l'abbaye les planches originales d'"Orval" . Mais non ! J'avais préféré pousser jusqu'au Club de la BD, histoire de faire un tour dans la boutique incontournable,  tenue par un couple de passionnés.
Florenville. Les "Orval" s'étalent en nombre dans la vitrine. Je fais encore un tour rapide dans les rayons et me présente pour régler mon achat. La suite tient de la magie, d'un mystère qui se plaît  à unir des fils invisibles et à inventer de belles rencontres. De Varennes, que j'avais découvert la veille, à Orval, lieu empli de mystère et d'émotions, puis d'Orval à Florenville, je me retrouve nez à nez avec un Jean-Claude Servais entrant à l'instant-même dans la boutique et qui sur la proposition de M.Rogier, le libraire, accepte de me dédicacer sans plus de façon la BD que je venais d'acquérir.

Il est des jours comme ça, il est des chemins comme ça ... remplis de mystère et d'inconnu qui émaillent votre vie de petits plaisirs, de petits bonheurs.
Ah ! si tous les chemins de la vie étaient ainsi pleins de belles surprises ! Si tous les chemins du présent savaient faire de l'avenir des rivières limpides, des côteaux ensoleillés, des prairies parfumées ! ...
En attendant il reste les livres pour rêver et quitter les chemins de misères pour en faire des chemins de plaisir. "Orval" est de ceux-là, même si ma préférence va aux escapades sauvages de Violette.
1/Orval
2/première rencontre avec Jean-Claude Servais. Photos. Dédicace.


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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 20:15

OVNI, photo insolite, photo Solange Tellier,

 
          J'ai fait ce week-end le tri dans mes journaux. Entre le journal au bandeau rouge et celui au bandeau bleu, cela en fait des canards qui s'empilent en attendant une lecture plus approfondie!  J'ai lu  un peu plus en détail ce que j'avais laissé passer comme informations du début d'année avant de remplir un sac jaune destiné au recyclage. C'est ainsi que j'ai retrouvé un article qui relatait l'apparition dans le ciel charentais (maritime) d'un OVNI. Pile poil le premier jour de janvier. Sacrés farceurs les petits bonshommes verts, et bigrement bien renseignés sur le calendrier des terriens !
     Ce n'est qu'une bonne heure après, en parcourant un journal plus récent que le précédent de quelques jours que j'ai pu lire que l'OVNI n'était autre qu'un cerf-volant que des citoyens hollandais s'étaient amusé à lancer pour fêter le nouvel an.


      Eh bien moi, cela faisait belle lurette que je l'avais faite ma rencontre du 3ième type.
Il se balançait avec un froissement de papier sec dans les branches dénudées d'un cerisier après avoir passé tout l'été à essayer d'effrayer les étourneaux et autres volatiles au bec gourmand. Il en avait perdu la tête à trop danser dans le vent. Et c'est la lune en ce soir de novembre qui lui redonnait toute sa dignité d'extra-terrestre.


11-novembre-2008.JPGphoto ©St. réalisée sans trucage

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12 janvier 2010 2 12 /01 /janvier /2010 21:53

glaçons,hiver, poème,

  bonbons-glacons.jpg

Sur les toits qui font

le dos rond

Mille petits flocons

Ont déposé un doux châle de coton

Une écharpe de soie

Un voile pailleté.

Les doux rayons sont passés

La neige doucement a glissé

Sur les tuiles réchauffées.

Puis le gel de la nuit

A stoppé leur chute infinie.

Ce matin

Les toits pleurent des glaçons.

Stalactites fragiles

Cristal volatil

Où scintillent mille paillettes subtiles

Longues perles de lumière

Ephémères

Larmes figées.

Ce matin

Les toits pleurent des glaçons

                                    Et mon cœur est plein de frissons … 

 

©Solange 26 janvier 2007

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22 décembre 2009 2 22 /12 /décembre /2009 08:46

Fleurac, Charente, hiver, neige,
 bois-copyright.jpgchemin-bois-de-la-coupe.jpgbois-de-la-coupe1.jpg

©photos Solange Tellier

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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 20:41

Jarnac, quai, François Mitterrand, Charente, poème, poésie, neige, hiver, crow blue line, photo,  Solange Tellier, Font Badant, fleuve Quai-mitterrand-blog.jpg

©St

 

Tout au long du quai

en cortège

sous la neige

patiemment alignés

en ce jour de janvier …

 

et le temps et les saisons passent au fil de l'eau ... au même endroit, une autre photo, un autre poème - cliquer ici-

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13 décembre 2009 7 13 /12 /décembre /2009 09:28
corbeau,renard,  Jean,la Fontaine,renard, fable,banc, photo,Solange Tellier,Der

 sur-un-banc-perche.JPG

 

Maître Renard en cet hiver frisquet
du camembert de La Fontaine
royalement s'en foutait
Maître Corbeau sur un banc
se les caillait
il jouait les phoenix des autres je ne sais quoi
risquant -aglagla- l'extinction de voix
goupil coquin
c'est certain
lui a posé ... un lapin !

un autre banc ici
      et ici
 

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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 14:30

fleurac, charente,ruisseau,royaume,Charente,fleuve,Guirlande, Fleurac, François 1er,Mitterrand, Vaux-Rouillac,village, commune,saintonge, angoumois Saint-Simon, Saintonge, Angoumois, frontière 

Article et photos pleine page. Cliquer ici.

  
Petit à petit, je remets de l'ordre dans ces articles. En voilà un de saison que je ressors de mon fourre-tout. De saison, puisque de guirlande il s'agit. Mais ici, même si mon petit village vient de se parer pour quelques soirs des traditionnels guirlandes et motifs illuminés, c'est bien de la Guirlande dont je vais vous parler. Guirlande, avec un G majuscule. Et la Guirlande, à Fleurac, c'est la petite rivière qui fait  paisiblement  son chemin en traversant tout le village. Et comme tous les gens célèbres, une rue porte même son nom 

  panneau rue de la guirlande

 

Guirlande. Un nom qui lui va bien à cette petite rivière longue de seulement quelques kilomètres qui serpente dans les prés depuis Vaux-Rouillac, le village voisin, où elle prend sa source, jusqu'à Saint-Simon  où elle  va rejoindre sur la rive droite,  le fleuve tranquille dont le roi François, charentais d'origine, disait qu'il était "Le plus beau ruisseau du royaume". * 
Demandez donc aux riverains quelle est sa longueur … en bons charentais ils vous répondront « un couple de kilomètres » …  Un couple ! réponse typiquement charentaise (qui elles vont par deux aussi, comme chacun sait) qui n’a semble t-il rien de réellement mathématique puisque la Guirlande en question doit avoisiner les dix ou quinze kilomètres.

Petite rivière (ruisseau ?) insignifiante donc. Insignifiante aux yeux des cartographes qui oublient souvent de faire figurer ses quelques centimètres sur les cartes IGN.

Entre le Né et la Boutonne qui sont les principaux affluents respectivement à gauche et à droite, la Guirlande fait figure de … de décor de Noël. Voilà. C’est ça. Décor de Noël.

Pourtant la Guirlande ne doit pas son nom comme on pourrait le penser au fait qu’elle serpente tranquillement entre les vertes prairies, les cultures de maïs, passe sous quelques moulins aujourd’hui inactifs, alimente quelques lavoirs inutilisés ou encore flirte avec l’église de Mérignac.

Guirlande … Il semblerait que l’origine de son nom remonte à l’époque celtique.

Equoranda : de equo : eau, et rand : frontière. Littéralement donc : eau-frontière. La rivière était donc depuis des temps fort reculés une eau frontière. La mémoire ne garde pas assez de traces, c’est dommage. Pendant longtemps j’avais remarqué dans le lit du ruisseau un bloc monolithe qui m’avait tout l’air d’un petit menhir, jeté, oublié là, tout près d’une petite source venant grossir le ruisseau. J’ai été trop négligente de ne pas y prêter suffisamment attention. Aujourd’hui ce que je prenais pour un petit menhir a disparu, et je ne saurais jamais si mes suppositions avaient des raisons d’être. La mémoire collective est éphémère et certains détails du passé perdent leur signification.

Les Romains garderont plus tard un découpage quasi similaire à ceux des Celtes, les limites territoriales resteront intactes et deviendront des limites administratives. C’est ainsi que l’on retrouvera d’un côté le pays d’Ecolisma (Angoulême), de l’autre celui de Mediolanum Santonum (Saintes) pays des Santones. La limite suit une ligne de crêtes (de cuestas) que l’on distingue nettement plus au nord. Cette ligne se trouve ensuite coupée par cette petite rivière qui servira de frontière à ces deux peuples.

Quelques siècles plus tard la structure ecclésiastique n’apportera guère plus de changements. Les limites des diocèses d’Angoulême et de Saintes emprunteront fidèlement le tracé de l’ancienne frontière celtique faisant de Fleurac un village à cheval sur une frontière.

Quand la vieille langue celtique, puis celle latine se feront progressivement oublier, il restera malgré tout dans la tradition orale collective cet ancien mot « equoranda » ou « aquaranda » qui deviendra Guirande, puis Guirlande.

Aujourd’hui Fleurac, voit son minuscule territoire jouxter trois cantons : celui de Jarnac à l’ouest dont il fait partie, de Rouillac au Nord et de Hiersac à l’Est, mais aussi trois arrondissements : ceux de Cognac, Confolens et Angoulême. Le village a oublié qu’il était autrefois le plus à l’Est de la région de Saintonge et la porte d’entrée vers le pays d’Angoulême.

Le monsieur au chapeau dont j’évoquais quelques passages par ce petit village frontière a souvent aimé mettre en avant ses origines saintongeaises. Affirmation sans doute difficile à comprendre pour les étrangers au pays de Charente.

Affirmation qui redonne pourtant à la petite Guirlande ses lettres de noblesse et qui confirme que Fleurac est bien à l'Est. 

pont-des-perrins-michaud.jpg


Minuscule arche de pierre dissimulée sous les ronces
et les broussailles. Unique vestige d'un petit pont
dont on a oublié aujourd'hui qu'il fut sans doute à
une époque pas si lointaine le passage obligé de la
Saintonge à l'Angoumois.

* "Le plus beau ruisseau du royaume" selon François 1ier, "Le fleuve tranquille"  qui a inspiré à un autre François sa "force tranquille" : j'ai cité la Charente bien sûr. 


photos et articles ©SolangeTellier

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 14:50

 

Chacun a eu sa première fois, sa première dent, sa première danse, sa première maîtresse, sa première chemise. C'est d'ailleurs cette dernière qui fait en premier les frais de notre ingratitude quand un jour on décide de tourner la page, prendre le large, ou simplement faire fi d'une chose insignifiante à nos yeux . Qui n’a pas dit un jour : « Je m’en fous comme de ma première chemise » ?
Moi, j’ai eu un jour ma première machine. Ma première machine à écrire, veux-je dire ! La première et la dernière d’ailleurs. Je n’en ai une qu’une seule et je réalise aujourd'hui à regrets que j'ai mis à la poubelle la photo-souvenir de son arrivée dans ma vie. Vous savez, une de ces bêtes photos que l’on prend lors des  graanndes occasions. La photo sur laquelle vous posez, bien droite, le sourire figé, les bras le long du corps et sur laquelle, histoire de paraître moins bête, vous vous faites accompagner d’un petit frère, d’une petite sœur, ou toute autre personne prête à faire figure … de figurant. 

Je me revois sur ce petit bout de papier glacé qui a traîné longtemps au fond d'une boîte parmi les photos de mon adolescence. Ma cousine avait accepté de poser à mes côtés, et nous étions là, toutes les deux, collées contre la table de la salle à manger sur laquelle j’avais pris soin d'installer la machine à écrire déposée le matin-même au pied du sapin de Noël, qui trônait en arrière plan de la photo. La photo noir et blanc, format 9X9 faisait partie des ramasse-poussière et autres âcries comme on dit en Charente qui vous embarrassent l’espace et l'esprit. space and spirit, et comme la première chemise elle a filé un jour dans la poubelle.

Il me reste encore le souvenir, non pas du moment, mais de la photo. Je ne sais si ce souvenir restera gravé longtemps car j’ai une fâcheuse tendance à faire le tri aussi dans les tiroirs de mon cerveau. D’ailleurs, la date exacte, je l’avais oubliée. Malgré les calculs à rebours auxquels je m'essayai vainement pendant presque un quart d'heure je ne parvenais pas à retrouver l'année.
C'est en fouillant dans mes archives scolaires (que je n'ai pas encore eu le coeur à déblayer) que je retrouve le "livret scolaire pour l’examen du baccalauréat" qui me donne la date de mon entrée en seconde et par là-même l'année d'adoption de la petite Olivêtttti. 1972 !
 Ça fait un sacré bail quand même. Calcul rapide … cela fait effectivement : trente-sept ans !Trente-sept  ans. Mon Olivêttti aura trente-sept années de maison à Noël prochain.

Je savais qu’elle coûtait, cette jolie petite machine, bien des heures supplémentaires de couture à la tante qui m’élevait. Heures très matinales, puisque bien souvent c’était sur le coup des quatre heures du matin que commençait la journée de l’habile couturière. C’était d’ailleurs à ce métier de couturière que l’on me destinait et si j’ai échappé à l’apprentissage que l'on voulait m'imposer à ma sortie du collège ce ne fut que parce que mes notes, somme toute acceptables, avaient  incité mes professeurs  à préférer pour moi une orientation en seconde conduisant à un bac B (économie).   Français, math et économie étaient au programme et l'on proposait en option, entre midi et deux, des cours de dactylo. Histoire d’occuper mon temps libre de pensionnaire, histoire aussi de préparer une éventuelle réorientation vers le secrétariat je m’inscrivis à ces cours. 

Je viens de mettre récemment à la poubelle toutes les feuilles que j’avais gardées dans un tiroir sur lesquelles on pouvait lire des lignes entières de mots alignés, des dizaines de fois répétés, histoire de nous entraîner à pianoter rapidement et sans regarder le clavier, histoire aussi de muscler nos phalanges car les touches fermes et solides des machines des années 70 demandaient littéralement à être frappées pour obtempérer. Rien à voir avec celle d’un clavier de pc sur lesquelles il suffit de pianoter allègrement.
Ce fut donc pour me permettre de m'entraîner à la maison que l'on m'offrit la fameuse Olivêttti.  A vrai dire l’exercice me plaisait assez même si je me voyais pas poursuivre dans la voie du  secrétariat. Puisque j’avais échappé au destin de couturière,  je caressais encore l’espoir d’autres orientations. Le journalisme et l’enseignement me plaisaient assez, mais mon année de seconde me fit prendre conscience que le journalisme, pour lequel ce bac B semblait le plus approprié, ne me convenait pas. Je n'accrochais pas suffisamment avec l'économie et la politique. Je  leur préférais, de loin,la littérature et les langues vivantes. Mes professeurs, de mon avis, m'orientèrent l'année suivante en première A (littéraire).

Je ne dédaignais pas pour autant la petite machine même si celle-ci devenait plus un accessoire plus qu’un véritable outil.  Le demi-sommeil dura quelques années.  A la sortie de terminale la réussite au concours d’institutrice me fit oublier l’option journalisme et l'entraînement dactylographique passa au quatrième ou cinquième plan. Lorsque que quelques années plus tard, je me trouvai à enseigner en primaire, la petite machine reprit du service. Elle se révéla alors bien pratique pour préparer les exercices et les leçons destinés aux élèves. J'utilisais pour cela  des feuilles spéciales qu’il fallait passer à la machine à alcool pour tirer les exemplaires nécessaires pour une classe.

Utile aussi l'Olivêttti  pour rédiger quelques documents administratifs nécessaires à l'école.

Et puis, un jour de 1981 on me proposa de collaborer aux journaux en tant que correspondante de presse. C’était à l’époque chose fréquente que de solliciter les enseignants pour cette mission. Ce fut pour la petite Olivêtti  l’heure de la renaissance.

La plupart de mes collègues rédigeaient leurs articles à la main. Travail fastidieux à la fois pour eux, mais également pour les rédacteurs et les clavistes, lesquels, je suppose devaient bien des fois s’arracher les yeux pour déchiffrer. J’appréciai à ce moment, la formation acquise pendant mon année de seconde au lycée Marguerite de Valois, et la petite machine, à n'en pas douter, apprécia elle aussi la reprise du service. Elle trônait à longueur de journée sur la table de la salle à manger, toujours prête à se mettre à l'ouvrage.

J'hésitai un temps à la remplacer par une machine électrique aux touches moins dures, plus silencieuse, plus rapide. Pourtant je ne me décidai jamais à me moderniser. Je n’avais à l’époque que ma petite commune à couvrir et l’Olivêttti suffisait largement à la tâche.

Mes filles s’étaient pendant ce temps prises d’affection pour elle, et elles aimaient l'utiliser pour taper du courrier, des poèmes, des exposés. La petite machine n’avait jamais le temps de s’ennuyer. Quand un jour de décembre 1998, on me proposa  de couvrir un secteur plus important pour le journal Sud-Ouest avec le suivi de plusieurs communes il fallut bien se décider à troquer la machine pour un ordinateur. La petite Olivêttti retourna dans sa boîte que je gardai encore pendant quelque temps sur un coin du bureau « au cas où … ».

Elle monta l’année suivante un peu plus haut sur une étagère avec les objets moins utilisés.  Et puis, en septembre 2007 elle prit l’air, un petit peu … juste le temps … d’une photo, accompagnée de quelques vieux accessoires qui avaient accompagné mes premiers pas de correspondante : appareil photo, pellicules, boîte à développement ... tout un matériel devenu lui aussi obsolète. Une photo qui se retrouva en bannière de mon blog, juste un tout petit peu plus haut, là, vous voyez ?


Aujourd’hui, la petite machine coule ses jours tranquilles dans un placard du garage. Elle ne tape plus les articles, mais je suis sûre qu'elle a plein de choses à raconter aux  livres et aux cahiers entreposés à ses côtés. 

Ma première dent ? ...oubliée et je n'en veux plus à la souris qui me l'a piquée.

Ma première chemise ? ...vous vous en fichez tout comme moi. 

Ma première danse ? ... oubliée. Quelqu'un ici s'en souvient ? Vraiment ? Merci  alors de vous faire connaître. 

Ma première maîtresse ? ... je crois que je m'en souviens encore. Et vous ? (je veux dire la vôtre de maîtresse, évidemment, pas la mienne)

Ma première machine à écrire ...vous en savez sur elle maintenant presqu'autant que moi.

Photo-057.jpg

 

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