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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 21:12

identité nationale, passeport, Rouillac, Solange Tellier,
Mercredi je vais à la mairie de Rouillac pour me faire établir un passeport. Rouillac n'est certes pas un grand centre, mais ce bourg fait partie des quelques sites en Charente équipés pour réaliser le viatique indispensable pour franchir les frontières européennes. Me voilà donc, munie d'une photo, de celles où je me trouve à peu près présentable, partie à la grande ville.  Je dois  encore avant de me rendre au rendez-vous fixé à 16 heures,  me munir du précieux timbre fiscal à 88 euros.  Belle invention que celle du timbre fiscal qui permet à l'Etat d'actionner le tiroir-caisse sans en avoir l'air !
 Premier bureau de tabac, no timbre. Je file au deuxième où  la petite jeune derrière la caisse me dit qu'elle ne fait pas les timbres à 88 euros. Il est 15:50.  Heureusement Rouillac n'est pas très grand. En trois enjambées je suis à la mairie où  j'explique mon problème. Il est encore temps de filer à la recette locale des impôts,  m'informent les deux employées. Je cours. Je traverse la place où se tient chaque mercredi et samedi le marché ( "salut Marie-France!" si tu passes par là ) et arrive  juste avant la fermeture de ladite recette. Le jeune homme derrière l'hygiaphone hésite sur le prix du timbre à me fournir, c'est moi qui dois fixer mon prix. Enfin, le prix que l'on m'a indiqué à la mairie. Il découpe consciencieusement deux timbres à 30 euros, un timbre à 20 euros et quatre timbres à 2 euros. Je peux retourner à la mairie.
Et c'est là mes amis, alors que j'allais me faire établir le document sensé prouver mon identité et surtout ma nationalité, c'est là,  que je l'ai carrément perdue, mon identité.
Je présente le formulaire administratif consciencieusement rempli en utilisant comme le préconise la consigne un bic noir et en ayant pris le plus grand soin pour former mes lettres capitales.  Nom, taille,  nom du père, de la mère et tuttti quantttti. Opération sensée faciliter la tâche des agents de mairie qui allaient pouvoir utiliser pour conclure, le fameux-matériel-ad-hoc-que-ne-possèdent-pas-toutes-les-mairies. 
La secrétaire de mairie inserre mon formulaire dans un  scanner qui doit transmettre à l'ordinateur  toutes les infos. Là, les amis, heureusement qu'une chaise fait aussi partie de l'attirail du matériel-ad-hoc, chaise sur laquelle on m'avait gentiment invitée à m'asseoir.
Sur l'écran apparaissent les indications fournies. Un détail toutefois est à rectifier concernant mon deuxième prénom qui au lieu d'afficher Jeanne Marie, affiche Sainte Marie. Grandieu ! me voici maintenant canonisée  ! A ce train là, je pourrai peut-être franchir les frontières sans avoir besoin de montrer patte blanche.  C'était sans compter sur ce qui allait suivre !
Ma nationalité s'affiche. En voyant la tête des secrétaires, j'ai une appréhension. Tu parles !  L'ordinateur vient de m'envoyer complètement à l'Est. Encore plus à l'Est qu'ici. La yourte est ma maison et je me régale de fromage au lait de jument puisque je découvre, là, dans l'arrière-bureau de la mairie de cette bonne ville de Rouillac, que je suis  ... mongole.
Dans la foulée, on m'annonce que ma taille plafonne à ....1,12 m. Voilà à force de fréquenter les gnomes et autres fadets, à force de crier haut et fort que j'aime tant le Causse Méjean et ses petits chevaux de Prezwalski, à force de bloguer à l'Est, voilà ce qui m'arrive.
Heureusement me dis-je,  mes parents ne sont plus là pour constater le désastre.
Mes parents ... parlons-en. Tout comme le mien, le deuxième prénom de mon père s'était quelque peu modifié pour passer du Grégoire originel à un Greg plus original. Quant à sa nationalité, elle indiquait qu'il était ... camerounais !
Heureusement, les bonnes dames de la mairie (elles étaient deux pour manipuler l'appareil ad-hoc) ont pu en un coup de clavier et un clic, rectifier le tir même si mon père n'était point sénégalais. Il ne me restait plus qu'à compter sur ma mère pour attester de ma nationalité française. Là-dessus, j'étais confiante. Ma  mère, Louise Madeleine de son prénom qui par chance, ou par hasard,  n'était point modifié, ma mère donc avait un arbre généalogique tout ce qu'il y a de plus français. Mes filles se sont il y a quelque temps penchées sérieusement sur la question jusqu'à remonter à une petite Marie qui aurait même, si leurs conclusions sont exactes, un petit filet de sang bleu. Ma mère donc, allait m'éviter tous les charters-retours du triangle infernal France-Mongolie-Cameroun. Eh bien, figurez-vous que ma mère, par l'opération de l'appareil ad-hoc, se trouvait, là, devant mes yeux fixés sur l'écran, devant mes yeux qui n'en croyaient pas leurs yeux,  affublée de la nationalité ... hongroise. Ma mère pourtant, je le jure, n'a rien à voir avec ... vous savez qui.
Avant que je ne tombe dans le coma, ou peut-être avant que je ne sois extradée, on prit mes empreintes digitales. " Les quatre madame". Eh, on ne sait jamais, des fois que l'index et le majeur de la main droite n'auraient pas la même nationalité que le pouce et l'auriculaire de la main gauche ! 
C'est à cet instant que le policier municipal de service qui tapotait un peu plus loin sur un clavier,  trouvant sans doute que ça ne suffisait pas, c'est à ce moment-là donc, qu'il vint rajouter son grain de sel en soulevant la question de savoir comment cela se passait pour une personne à qui il manquait un ou plusieurs doigts.
C'est bon, merci. N'en rajoutez pas monsieur !
Je sortis de la mairie un peu interloquée. Dubitative quant à la compétence du matériel.
Ma seule interrogation n'est pas maintenant de savoir si je pourrai bien voyager avec le passeport que je dois recevoir sous dix jours (enfin j'espère), mais surtout s'il me permettra après mes petites virées à l'étranger de ...   rentrer en France.

 

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 15:03

objets des tranchées, Mérignac, exposition, guerre 14-18, Der des Der, photos Solange Tellier, article presse, Albert Robin, guerre, la grande guerre, tranchées, Romane Borhinger, veuve Maupas

Les derniers Poilus français ont tous rendu l’âme. Curieusement, la guerre 14-18, la Der des Der, revient dans les mémoires, revient sur le pavé.avec  peut-être, d’autres émotions que celles développées jusqu’à présent. L’excellent film, « La veuve Maupas » diffusé le 11 novembre sur France2 avec Romane Borhinger, émouvante dans le rôle titre, apportait  un autre regard sur cette guerre, horrible s’il en fut, même si comme le rappelait un des ces messieurs qui tenait l’exposition « objets des tranchées » dans un petit village voisin du mien, « Il n’existe aucune guerre ni pire ni meilleure qu’une autre. Dans chacune d’elle, les atrocités sont les mêmes quelque soit le contexte géographique ou historique ».

Pour parler de cette expo, donc, quelques photos et la version améliorée de mon papier publié dans CL et SO. J’avoue que je suis allée faire le reportage sans déborder d’enthousiasme, m’attendant à trouver quelques objets épars et un collectionneur ringard  un tantinet ( ou plus) patriote-bleu-blanc-rouge-béret-baguette et décorations militaires fièrement arborées sur la poitrine.

Si je colle ici, mon article, c’est que j’ai bel et bien été soufflée par ce que j’ai découvert dans la grande salle municipale de Mérignac. D’abord l' accueil bon enfant d'un collectionneur passionné mais nullement patriotique dans l’acception exclusive du mot. Une personne avide de partager et surtout de donner vie à ses trésors. Plus de trois mille objets exposés où le crucifix côtoie le briquet un brin coquin, où les instruments chirurgicaux dont on sait qu’ils furent souvent instruments de torture sont à la table voisine de Nénette et Rintintin, deux petites poupées de laine réalisées par un  enfant  pour porter bonheur à son papa qui les tenait bien au chaud sur son cœur à l’intérieur de la vareuse. La plupart des objets ont été fabriqués avec le laiton des  obus , par des soldats généralement en ligne arrière pour un court séjour qui leur permettait de se remettre un peu des horreurs de la première ligne, située parfois à quelques mètres seulement du front ennemi. Une intimité avec l’ennemi qui n’empêchait pas les combats meurtriers. Tous ces objets sont à considérer comme des créations artistiques à part entière. Il n’est pour s’en persuader qu’à observer la finesse et la justesse des traits, des gravures réalisées avec des pointes de baïonnettes, de simples couteaux ou des poinçoins de couture . L’expression de toute une génération d’hommes qui ont, dans des conditions inhumaines mis à prfit leur moindre temps libre pour faire exploser leur humanité créatrice.  Cette exposition  sur quatre jours, méritait plus qu’un simple coup d’œil et certaines personnes n’ont pas hésité à s’installer une demi-journée pour tout découvrir et prendre le temps de lire cartes , courriers et autres documents. Les enseignantes de l’école de Mérignac ont conduit leurs élèves.  Albert Robin a été touché par les dessins qu’ils ont apportés et qui relataient la vie des soldats dans les tranchées ou encore qui affichaient de véritables slogans pacifistes tels que « non à la guerre », « plus jamais de guerre … ». 

En tout, plus de mille personnes sont passés par l’exposition où des films étaient projetés en continu. Une exposition qui n’a rien, comme on pourrait le penser, et il faut le souligner, d’un simple sursaut de patriotisme ou d’une quelconque nostalgie. Dans cette remarquable collection, les objets sont certes inanimés, mais Albert Robin se fait présent auprès des visiteurs, et veille à faire par ses explications et ses anecdotes, de chaque objet, un objet de mémoire dans lequel le quotidien des Poilus est inscrit à jamais. Un quotidien difficile, douloureux mais aussi parfois plein de clins d’œil, de sensibilité et de petits bonheurs. Une exposition vivante avec encore des photos, des affiches, des courriers poignants,  et pleins d’autres souvenirs qui ont su marquer même les plus jeunes. Une exposition qui a elle seule vaut toutes les leçons d’instruction civique et morale. « Plus jamais de guerre » ont écrit les enfants.

Solange Tellier 

A noter que le téléfilm « La veuve Maupas », est tiré d’un ouvrage de Macha Séry et Alain Moreau. Voir ici













photos S.Tellier

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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 08:38

dinosaures, charente, journal, presse, Sud-Ouest, Charente Libre, PQ, correspondante

Donc mon premier papier était fait et publié.…
Et j'ai entre-temps, perdu un peu perdu le fil de mon
journal d'une correspondante de campagne que j'avais laissé ici avec l'année des roses. 

Je disais il me semble, qu’à l’époque on n’exigeait que peu de choses des correspondants. D’ailleurs beaucoup ne « fonctionnaient » surtout que comme simple « boite aux lettres ». Les gens du village venaient avec leur petite information toute faite, du style : réunion de la société de chasse, fête des écoles, ramassage des poubelles, objet perdu, objet trouvé …et il ne restait plus au correspondant qu’à transmettre.

Si aujourd’hui on me classe aimablement dans les dinosaures, à l’époque ils étaient légion les dinosaures. A l’époque, c’est sûr, je me sentais entourée de gens, aimables certes, mais vraiment plutôt, pour ne pas vouloir dire, très, âgés.

Certains, comme je le disais plus haut, étaient instituteurs, et pour la plupart, déjà à la retraite. Je me sentais donc déjà en décalage par rapport à eux. Ils étaient ce qu’on pourrait appeler, sans jeu de mots « de la vieille école ». D’autres, nombreux aussi, étaient dépositaires de journaux, ou cafetiers. Très peu parmi eux utilisaient la machine à écrire.

Ils rédigeaient tout à la main. Travail fastidieux sans aucun doute, pour eux, mais j’imagine aussi pour le secrétaire de rédaction qui devait probablement s’arracher les yeux sur des copies pas vraiment lisibles. Les articles « d’investigation » étaient plutôt rares. Le travail plus poussé consistait seulement à relater en quelques lignes, assorties d’une photo, la kermesse ou la soirée théâtrale des écoles, les décorations devant le monument aux morts pour le 11 novembre ou le 8 mai, les repas des anciens combattants, du troisième âge …

  N’allez pas croire que j’ai du mépris pour le travail de mes prédécesseurs. Non. Mais je réalise aujourd’hui que ce qu’on leur demandait était vraiment différent. Du moins il me semble. Je tapais donc mes articles à la machine. Ma petite machine Olivetti pour laquelle je garde un grand respect. Occasion pour moi, d’user de mes compétences en dactylographie, certes très basiques mais qui se révélaient aujourd’hui très utiles. Je ne regrettai pas mes années lycée pendant lesquelles, durant les inter-cours de midi on pouvait s’initier à toutes sortes d’options.

Une fois les articles tapés, on utilisait de belles et grandes enveloppes roses à l’adresse de Sud-Ouest, que l’on timbrait au tarif en vigueur et qui parvenaient à la rédaction le lendemain ou le surlendemain.

  à suivre ...

 

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4 novembre 2009 3 04 /11 /novembre /2009 09:50

FRAC Poitou-Charentes, Attraction, voyage sentimental 6, poème, Solange Tellier, Linazay, inauguration, ouverture, galerie des glaces, Alice au pays des merveilles, Simone Decker, the plug, stéphanie rollin, taroop & glabel, david renaud, paul mc carthy


Galerie des glaces

rose tasse

confetti en tapis

barbante barbie

sentimental voyage

au pays des images

j’erre

telle Alice

entre champignons op'artisés

et galets krématisés

manège enchanté

enchantement acidulé

Attraction

arc en ciel d’impressions

sensations

imagination.

Dans la nature morte

l’arbre s’invite par la porte

jette son reflet

dans le miroir brisé

art qui s’ouvre

se découvre

au gré de soi

au gré du moi

Dans la pénombre

autre monde

images et bruits

Où se cache la folie ?

J’ai joué Alice

délice

d’une journée

au musée

Les fées ne m’en voudront pas.

Leur pouvoir ? je n’en ai que faire

 

                     Imagine imaginaire …

 

                                                                               logo-copygright.gif © St. Novembre 09

Alice.jpg

 

D'autres photos du voyage ... poétique ou sentimental, ici

 

 

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 18:53

FRAC Poitou-Charente, Linazay, le pouvoir des fées, Alice au pays des merveilles, Paul Mc Carthy, colonial tea cup,   tasse rose, David Renaud, Michel Blazy, photo, photos Solange Tellier, the Plug et Stéphanie Rollin, métal et confettis, Simone Decker, petite galerie des glaces, Taroop et Glabe, le pouvoir des fées a été très exagéré,
Ouverture Frac Poitou-Charente site de Linazay (86) - novembre 2009 -
Attraction (Voyage sentimental 6)

 
  octobre-09-043.jpg

   octobre-09-010.jpgoctobre-09-011.jpg octobre-09-049.jpg octobre-09-004.jpgoctobre-09-014.jpg  

  octobre-09-008.jpg

Rendons à César ...
Colonial Tea Cup : Paul Mc Carthy
Sans titre : David Renaud
Petite galerie des glaces : Simone Decker
Untitled (20 reasons) : The Plug et Stéphanie Rollin
Galet mou : Michel Blazy
Le pouvoir des fées ... Taroop et Glabel

Expo à découvrir à Linazay jusqu'en décembre 2009. Linazay entre Angoulême et Poitiers abrite dans ses réserves  les 779 oeuvres représentant 303 artistes . Le FRAC Poitou-Charente, fonds régional d'art contemporain,  est depuis octobre 2009 restructuré sur deux sites, le deuxième ( chonologiquement le premier) se situe à Angoulême, en rive de Charente,dans un bâtiment tout nouveau lui aussi, inauguré  en juillet 2008.
voir aussi : mon voyage poétique Au pays des merveilles
et aussi Linazay avant. Déjà du land art ...

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23 octobre 2009 5 23 /10 /octobre /2009 13:50

Père Lachaise, Forever, photo, photos Solange Tellier, du caviar sur les méninges, Georges Etesse, Proust, Apollinaire, La Callas, Modigliani, cimetière, Apollinaire, Chopin
  comme sur des roulettes2comme sur des roulettes1photos© ST. mars 2008

Comment ça au Père Lachaise ?
ça va, ça va, comme sur des roulettes
ne vous déplaise



 


J'ai traîné un peu hier soir devant la télé. En deuxième partie de soirée Arte proposait "Forever", un film plus qu'un documentaire tourné dans les allées du Père Lachaise. Images toutes en douceur, en tendresse. Emotion en filigrane. Témoignages pudiques, simples, sincères. Le réalisateur suivait tous ces anonymes qui viennent, régulièrement, ou simplement de passage, se recueillir, fleurir ou entretenir des tombes. Des tombes de gens connus ou non. De gens qui leur furent familiers, où qui, s'ils ne l'ont pas été de leur vivant le deviennent ici, dans ce cimetière où les vivants et les morts se cotoient intimement sans se voir. Enfin, peut-être ... ou peut-être pas.

Superbe !


Cet homme qui a découvert Proust pour tromper l'ennui de son immobilisation suite à un accident, et vient désormais régulièrement fleurir l'homme à la madeleine.

Cet autre venu de Corée spécialement pour le même Proust déposer sur sa tombe un paquet de petits Lu pour le remercier d'avoir su nourrir son esprit.

Cette femme qui entretient avec amour la tombe d'Apollinaire, cette autre qui vient se recueillir sur la tombe de son mari qu'elle a perdu après deux mois de mariage terrassé par une piqure d'abeille, une arménienne encore qui vient rendre hommage chaque semaine à son père, un artiste dit-elle, créateur de mode dans la chaussure.

D'autres tombes que nous fait découvrir le guide du cimetière dont la sépulture préférée est celle de Danièle dont j'ai oublié le nom, chanteuse morte à 24 ans en 1985 dont la carrière brisée par un sale cancer n'a pas pu aller au-delà de deux interprétations. (Si mon ami Rochambeau passe par ici, sûre qu'il va me trouver la vidéo de cette Danielle).

Un thanatopracteur  passé d'une fac d'histoire de l'art à l'embaumement en chambre froide, et dont la tombe préférée est celle de Modigliani. Modigliani dont les visages de femmes doivent inspirer le pinceau dont l'homme qui ne croque pas les morts mais les maquille,  use pour poudrer les visages de ceux à qui il doit rendre un semblant de vie pour un dernier adieu à leurs proches.

La caméra suivait également dans leur vie personnelle ou professionnelle certains de ces anonymes et  nous a conduits sur le lieu de travail de cet esthéticien particulier que nous avons pu voir en train d'exercer son art sur une patiente ? cliente ? modèle ? digne de figurer dans un tableau de Modigliani. Une journaliste interrogeait tous ces gens, ces anonymes, qui avec leurs mots simples évoquaient ces morts et leur rendaient hommage sans prétention. Toute la balade, sur  fond musical. Une jeune pianiste d'origine asiatique dont j'ai oublié le nom (je ne retiens pas les noms) faisant glisser ses doigts sur le clavier de son piano ... belle comme une madone de Modigliani. Un flash-back sur La Callas, elle aussi au Père Lachaise avec images d'archives histoire de redécouvrir la diva.


Sombre la Solange allez-vous dire.


Que nenni ! Même si, ma première rencontre avec le Père Lachaise et tous ses résidents un jour froid et pluvieux de mars 2008 m'a flanqué une migraine à me trouver mal par la suite dans le métro surchauffé. Ma première rencontre c'était faite en réalité par l'entremise d'un certain Georges croisé sur la plate-forme Sud-Ouest qui m'avait gentiment offert son premier book. Et quel book : du caviar sur les méninges. Vraiment !  Je me suis régalée de son caviar. Des histoires à dormir debout avec des pensionnaires déjantés, dont j'ai encore oublié le nom. Apollinaire devait en faire partie, Chopin aussi, et quelques autres. Si tu passes par là, Georges je te prie d'excuser ma mémoire, cela n'enlève en rien le plaisir que j'ai eu à lire tes pages. Je dirais même peut-être bien au contraire. C'est comme ça pour tous les bouquins que je lis. Quand je ferme la dernière page j'ai tendance à oublier le scenario pour ne garder en tête que les émotions. Je fais l'impasse sur la forme pour ne garder que le fond. ça doit être ça l'explication. Et meilleur est le fond, plus la forme s'efface.

Alors, sois flatté, Georges !

Ton bouquin, il m'a bien fait marrer, même si ton pigmalion-éditeur m'a fait un jour remarquer que c'était un "bouquin pour mecs", ben moi j'ai aimé.
Ma visite au Père Lachaise, je n'ai pas regretté non plus, malgré la migraine. D'ailleurs je compte bien y retourner.
En attendant, le film d'hier soir, Forever, c'est une petite perle. Une perle à quelques jours de la Toussaint pour nous rappeler que malgré l'universalité de la mort, ce sont les vivants qui ont su toucher les coeurs, qui ont su élever leur âme en beauté qui restent éternels dans le coeur de leurs survivants.
La fragilité des artistes et leur immortalité.
Bien des choses à dire encore sur la mort. Et pas forcément des choses tristes. Dans le film d'hier soir, aucune tristesse, bien au contraire.
voir aussi ici

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22 octobre 2009 4 22 /10 /octobre /2009 08:00

presse, journaux, Solange Tellier, journal d'une correspondante de presse, correspondante locale de presse, Sud-Ouest, Charente Libre

1981. Donc.
Cela fait maintenant deux ans que j'habite ce petit village au nom fleuri. Fleurac. Oui, il a un beau nom ce village ...

Moi, vous savez, avant d'arriver ici, les villages, je ne connaissais pas. La campagne m'avait seulement accueillie à peine une année durant. Elle avait malgré tout laissé en moi des traces.
De ça je suis aujourd'hui persuadée. Les premières odeurs, les premières images qui s'impriment dans le cerveau, mais sans doute plus surement dans le coeur d'un enfant, y restent jusqu'au jour où ses yeux se ferment sur le monde. Et sans doute ces premières impressions balisent-elles son chemin, sa vie durant.
Bref.
Ah! Je vous ai prévenu, n'est-ce pas ? ... Je vais, je viens, entre les mots ... ça vous agace, n'est-ce pas ?Je sens même que vous n'allez pas tarder à déserter ce blog pour de bon.

Depuis deux ans j'avais donc eu le temps de m'habituer à la vie de la campagne.S'habituer, un grand mot ! Disons que j'essayais de pallier au manque d'activité par des occupations. A côté de mon métier s'entend. Car j'avais malgré tout un métier. Chaque matin, je prenais le chemin de l'école avec mon cartable comme le font tous les enfants.
Donc les esprits mal pensants diront, et c'était chose courante à l'époque, que je faisais partie de ceux, de celles, qui "sont toujours en vacances". Ah!! Si vous aussi, vous faites partie de ceux qui prennent le cartable tous les matins, vous devez la connaitre la rengaine. Et en campagne, croyez-moi, j'y ai eu droit et pas toujours par malice bon enfant ...
Ah, j'avais oublié de vous dire que c'est le mariage qui m'avait amenée à la campagne.

Donc à côté de mon métier, à côté de mes occupations conjugales, ou devrais-je plutôt dire, mes occupations ménagères... j'avais du temps libre. Heureusement pour moi. J'avais toute petite appris à m'occuper seule.
J'aimais la tranquillité, les balades à vélo, la musique, la peinture. J'occupais donc mon temps libre du mieux que je pouvais. Je partais souvent aussi vers la grande ville où j'avais mes attaches et mes repères.
La campagne ne me pesait ainsi pas trop. J'en prenais les avantages, et j'apprenais à en oublier les inconvénients.

Bon, vous allez me dire, cela n'a plus rien à voir avec le titre ... oui. Alors disons qu'ici, c'est surtout histoire de vous montrer les dessous d'une correspondante de campagne. Les dessous ... allez, je vous vois bien ... disons plus exactement, la vie quotidienne d'une correspondante de campagne... que je n'étais toujours pas en ce beau mois de juillet. Parce que correspondante je ne le devins, par hasard, que courant octobre de cette-même année.

A l'époque, c'est à dire, il y a une vingtaine et plus, être correspondant consistait à se faire le relais auprès de la rédaction de tous les petits faits divers d'un village. Chaque village avait son correspondant. Je ne saurais pas expliquer pourquoi, mais la plupart du temps celui-ci était l'instituteur. Ou bien, si un café existait, c'était le cafetier qui était chargé de cette mission. Le même que celui qui distribuait les journaux. Ah!!!! Pour l'instituteur, j'y pense soudain : c'était sans doute à cause des vacances !!!!!!!!!!

C'est donc tout naturellement que lorsque la correspondante en titre désira arrêter son activité, elle vint frapper chez moi pour me proposer de la remplacer. Moi, j'étais toute jeune. La charge me paraissait bien importante. Ecrire dans le journal! Serai-je à la hauteur ? Rendez-vous pris avec le chef d'agence de Sud-Ouest Angoulême. Qu'il me pardonne, s'il est toujours du monde, j'ai oublié son nom. Petite entrevue sympathique. Pas de bilan de compétences. Juste une question de confiance. Et me voilà promue correspondante locale de presse.

Autre fait remarquable à l'époque, sur notre belle Charente, deux journaux se partageaient, et se partagent toujours d'ailleurs, le territoire. Même groupe, mêmes intérêts.Alors, "à l'époque" comme aiment si bien à dire les personnes d'un certain âge (ah, mon dieu, serais-je déjà une personne d'un certain âge ?) à l'époque donc, quand on devenait correspondant de l'un des quotidiens, on était automatiquement correspondant de l'autre. Double promotion donc, double casquette : je devins à la fois correspondante Sud-Ouest et correspondante Charente Libre. Casquette que je porte encore avec un autre collègue. Un instit', comme moi ! Les dinosaures, on nous appelle... parce que sur la Charente nous sommes les derniers.

Jusqu'à il y a peu, nous croyions d'ailleurs être les deux seuls survivants de cette espèce en voie d'extinction. Eh bien figurez-vous que lors d'une récente réunion Charente Libre, figurez-vous que nous en avons retrouvé, une troisième de dinosaure à deux casquettes !

 

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21 octobre 2009 3 21 /10 /octobre /2009 08:29

journal d'une correspondante de presse, correspondante locale de presse, presse écrite, PQR, le dur métier de correspondant, presse, journaux, François Mitterrand, Ségolène Royale, Charente, Fleurac, Solange Tellier, ma vie de correspondante de presse,

Que voulez-vous ... je fais la plupart du temps les choses à l'envers. Quand j'ai exporté mes écrits sur cette plate-forme, j'ai fait cela dans l'urgence et j'ai tout balancé en l'état, comme on pose à la va-vite ses cartons de déménagement dans l'entrée de sa future demeure. J'ai donc tout déposé ici sans me soucier de la forme. Aujourd'hui, ceux d''entre vous qui commencent à prendre l'habitude de pousser assez régulièrement ma petite porte auront constaté que j'ai déjà pas mal pédalé pour remettre un peu d'ordre et de forme à mes écrits. Mais, allez donc savoir pourquoi, j'ai commencé à rebrousse-poil, ajoutant de temps en temps une petite touche plus actuelle entre deux remaniements. Comme je constate que pas mal de collègues correspondants passent par ici, j'ai décidé aujourd'hui de faire remonter ces écrits qui à l'origine de mon premier blog, étaient destinés à faire mieux connaître ce qu'était mon quotidien de correspondante locale. Le premier que j'avais posté était donc celui-ci :

Allez ... c'est parti ! Flash back. Intro. Silence. On tourne.

1981 : Joli mois de mai ... Pour certains, je sens que déjà ça fait tilt . Mais enfin moi, vous savez la politique ... ce n'est pas ma tasse de thé même si les roses, il faut bien l'admettre, je les aime. Surtout quand on me les offre pour la Saint-Valentin. J'aime aussi celles de mon jardin.

Donc .... mai 1981 ... J'ai beau habiter le plus petit village de Charente, il est des évènements qui auraient bien mérité un scoop.
Seulement voilà, en mai 1981, je n'étais pas encore correspondante de presse !
Enfin, correspondante locale de presse, ce qui fait déjà un peu moins pompeux j'en conviens ...
Bref, tout ça pour dire, que lorsque le monsieur au chapeau qui n'allait pas tarder à monter les marches de l'Elysée après avoir grimpé celles du Panthéon.... ( tiens, curieux... il me semble que le contraire eut été plus logique :) ) venait en visite privée dans mon petit village, personne encore n'avait pensé à alerter la presse. Il faut dire qu'en général il venait sans prévenir et le plus souvent possible incognito.

Pour vous éclairer un peu, (pour faire plus informatif) il faut que je vous explique que dans mon village qui compte 200 habitants environ, un quart de ceux-ci vit dans une grande maison au milieu du bourg, une grande maison où, moi qui écris et vous qui me lisez, n'avons pas envie de prendre pension de si tôt.
C'est donc dans cette maison que le monsieur au chapeau venait régulièrement visiter celle qui fut, bien des années avant, son institutrice.
Alors quand au détour d'un couloir, une infirmière ou une aide soignante se trouvait nez à nez avec le chapeau ... c'était comme si le ciel leur tombait sur la tête.
Mais moi ... je n'étais pas encore correspondante.

Dommage ! Car aujourd'hui, une de mes collègues de Sud-Ouest, pour avoir mis en boîte lors d'une manifestation festive dans son village,  la présidente de région et son amoureux, a sa petite photo qui a fait la une, et la deux, et la trois, des journaux nationaux et des magazines pipole. Moi, j'aurais pu à l'époque mettre en boîte le tout nouveau président de la République ... et sa maîtresse.

Et si d'autre part, je considère la chose sous un autre angle, c'est à dire sous celui de la maîtresse, d'école je précise, que je suis parfois, je me dis que lorsque je jouirai enfin d'une retraite bien méritée, qui sait si je n'aurai pas de temps à autre la visite d'un de mes anciens élèves devenu président de la République ? On peut toujours rêver non ?

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 08:00

photo, photo Solange Tellier, Fleurac, Charente Libre, Sud-Ouest, PHV, Peinture Haute Voltige 

l'homme n'a rien inventé.  Cliquer ici

N'empêche que, perchés à 30 mètres de hauteur les employés de l'entreprise PHV (Peinture Haute Voltige) de Toulouse contemplent la Charente de haut. Impressionnant !

mon article CL :

Depuis cet été ils vont, ils viennent, d'un pylône à un autre…

Les employés de la société PHV basée à Toulouse, s'en donnent à cœur joie sur le secteur. Après avoir passé les beaux jours à gratter le métal ils attaquent maintenant la peinture. Les peintres-accrobates mettent environ trois heures et demie et 120 kilos de peinture pour déposer une première couche sur le pylône, qui sera suivie d'une deuxième. Il faudra assurer jusqu'à 30 mètres de hauteur. Un boulot qui leur plaît: «On l'on ne sent pas le renfermé» lancent en rigolant les deux employés perchés à 20 mètres et qui n'ont pas besoin de Google-Earth pour découvrir la Charente, vue d'en haut. ST.

 

d'autres photos ici

 

 

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 12:00
bled, Edouard, Odette, orthographe, grammaire, conjugaison, règles, Bled, hachette, cours moyen, école, primaire,

Petite réunion CL au sommet hier soir. Les conversations vont bon train. L'orthographe et ses détournements majeurs sur la sellette. Et les problèmes de l'enseignement s'ensuivent inévitablement surtout quand on sait que dans la série "correspondants" la catégorie "enseignants" fait largement son poids..

Ah ! les discussions n'ont pas manqué .  Je serais bien incapable ici de faire un compte-rendu ( 2500 signes maxi !) de tous les points de vue, de toutes les discussions qui ont fleuri autour de la table. Je me contente donc ce matin, de remettre au propre et faire remonter sur cette plate-forme un petit article datant de l'an passé.

Egalement pour ceux zé celles que cela intéresse, je viens de faire  sur mon article "ma première machine",un lienvers un autre article intitulé "mon dernier dactylo-papier" ... "nostalgie, nostalgie" ? ... mais non ! C'est juste histoire de raconter. 

 

 

Mon bled, sans majuscule aucune.

"Le" bled, avec une majuscule à Le.

Il avait déjà dix ans quand je suis née.

Il a pourtant suivi une partie de ma scolarité, et même mes tout débuts professionnels. Il a pris sa retraite avant moi. Cause : "obsolète" au dire de certains inspecteurs d’académie.

Obsolète ?

Pas si sûr ... à lire les dernières instructions officielles qui préconisent le retour aux méthodes que l’on pourrait qualifier de traditionnelles.


Ce compagnon de classes primaires avec lequel j'ai fait mes humanités de cours élémentaire et moyens a rejoint depuis longtempsl’étagère de mon bureau où il se la coule douce, lui.

Fini. A la retraite. Au rebut « Le » bled.

Le Bled porté sur les fonts baptismaux de chez Hachette, n’était point l’enfant de Jeanne et de Louis, mais bien celui d’Odette et Edouard.

Instituteurs tous les deux, ils se sont rencontrés et aimés sur les bancs de l’école où ils ont fini par engendrer ce petit qui à son tour usera ses pages sur les tables de la communale et même, dans un élan d'égalité, s'usera tout pareillement sur celles de la paroissiale (ça se dit ça ?).

Avant ce fils cadet et enfant prodige, il y eut dans la vie des Bled, Annie et Jean-Paul qui, bien que moins connus, ne doivent pas être trop mécontents du succès remporté par le benjamin, ne serait-ce que financièrement parlant. Bel héritage ma foi.

Héritage qui profita également, il faut bien l'admettre à des millions de petits français qui ont usé leurs yeux sur les lignes serrées noircissant les pages jaunissantes et perdu leur latin en cherchant l'italique, tout en gâtant quelques plumes sergent-major à faire et refaire les exercices qui expliquaient comment « fendre une bûche » à tous les temps du passé et du futur et à toutes les formes de notre belle langue française, sans omettre de conseiller pour le présent de « surveiller le feu pour qu’il ne s’éteindre pas ».

Le bled, ouvrage de français et de morale à la fois, où l'on se devait de décliner à toutes les personnes de l’impératif que l'on ne devait « souffrir aucune malpropreté sur vous, sur vos vêtements, ni dans votre demeure », et aussi de "prendre la résolution d'exécuter ce que vous devez faire et exécutez de ce que vous avez résolu", qui apprenait aussi à se méfier de l’accent du « fermier (qui) ---- rentré les foins »


Le 31 août 1991, Odette Bled décède à l’âge de 85 ans. Edouard s'éteint (règle des verbes en indre p.92) à son tour, le 29 décembre 1996, à (a sans accent, à avec accent, 4ième leçon p.5) l’âge de 97 ans. Le petit Bled lui, continue (présent des verbes en ier-uer p. 85) encore sa route à soixante ans passés, après avoir été le compagnon (m devant m, b, p p. 152) de classe de millions d'élèves attentifs et appliqués ( cf règle d'accord de l'adjectif qualificatif p. 22 du bled CM-6ième-5ièm, édition 1975).

Vingt millions exactement si on (on, ont p.3) s’en réfère au nombre d’exemplaires vendus à ce (ce ou se, p.8) jour.

Mais on doit être loin du compte à présent, si l’on considère que chaque (marque le singulier, p.38) exemplaire est passé dans des dizaines de mains . (surtout hier)


Pour ma part je n'utilise plus le Bled en classe, mais j’en ai toujours un exemplaire dans mes tiroirs de bureau à l’école et à la maison.


J'ai pourtant découvert aujourd’hui-même avec surprise que la petite Molly, arrivée de Grande-Bretagne il y a quatre ans, avait dans son cartable un exemplaire du Bled qu’elle me dit trouver très instructif.


On ne trouve plus aujourd'hui dans les fascicules quelque peu relookés, de feu mais des ordinateurs à éteindre, , plus de blanquette de veau à la cantine mais des hamburgers à la cafétéria, plus de vieux murs lézardés mais des murs d'immeuble élevés ...

Comme un petit coup de jeune, quoi !

 

page 129 de l'édition 1975


dans la version de 1990, à la même page 129 exercices 583 et 584 le fermier ne rentre plus son blé mais le routier son camion et ce n'est plus l'enfant qui avoue sa faute mais le mécanicien qui avoue son impuissance à réparer ce moteur.

Le soleil met toujours de la joie dans les coeurs, et il est toujours amusant de se déguiser. Le renard vient toujours paraît-il rôder autour du poulailler et le boulanger pétrit toujours la pâte pendant que le vagabond mendie son pain.

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