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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 22:10
 Vincent Lindon, Sandrine Kiberlain, Mademoiselle Chambon, festival du film francophone, Angoulême, Dominique Besnehard,Marie-France Brière, Poitou-Charentes,
 

photo Solange Tellier

Monsieur Lindon,

J’aurais aimé avant que vous ne quittiez la salle bien trop rapidement,  vous dire que Mademoiselle Chambon m’avait bien plu. Vous dire à vous, Vincent, au réalisateur Stéphane Brizé à Sandrine Kiberlain et encore à Aure Atika combien votre film, votre interprétation à chacun et chacune,  toute en finesse et en tendresse m’avaient touchée. Je n’ai pas pu.
Je faisais partie de ces dames un peu folles, mais pas trop furieuses, qui sont allées jusqu’à la salle 2 vous chercher, vous, et Monsieur Besnehard et l’équipe du film,  parce que depuis près d’une heure, la salle 1 commençait à prendre des allures de fournaise, et puis que certains esprits chagrins commençaient à prendre un peu mal l’affaire. Alors, la grande timide que je suis, après avoir suggéré à voix-haute d’aller vous déloger d’entre les vi-aï-pi, qui sur invitation avaient pu s’installer dans la salle 2, petite salle confidentielle, sans doute bien climatisée,  la grande timide, donc, a fini par se décider. Quelques dames ont suivi. Que des dames je crois. Pas de messieurs. Allez donc savoir pourquoi …

Nous voici donc une petite dizaine à émigrer vers cette fameuse petite salle où vous étiez tous. Vous, monsieur Vincent et une partie de l'équipe de Mademoiselle Chambon et puis aussi Robert Charlebois, dans son rose pastel, Robert que j’aurais aimé saluer pour la simple raison que ma fille est elle, à c’heure de l’autre côté de l’océan, et je comptais sur sa voix chantante même quand il ne chante pas, pour m'apporter une bouffée d'air d'Outre Atlantique, comme un petit sourire de ma fille qui là-bas, va saluer poliment Monsieur Francis Veber quand il se tient parmi le public, lors d'une représentation du dîner de cons,histoire d'avoir un petit air de France, et puis encore la douce Sandrine Bonnaire, présidente toute de sourire et de simplicité, et aussi la sublime autant que discrète Anouk Aimée,  que j’ai tous, toutes croisés dans les escaliers,  et qui avaient pris place aux côtés des privilégiés qui jouissaient eux, d’une invitation en bonne et due forme pour une séance très privée.  Le peuple, celui que l’on avait pris soin d’ entasser dans la grande salle n°1 lui, n’avait pour le faire patienter qu’un monsieur irascible qui au bout du quart d’heure charentais d’usage a essayé de prendre le rôle du bouffon avant de ne se lasser et  sortir définitivement très très en colère, et deux personnes de service qui usaient, ou faisaient semblant d’user de leur téléphone pour nous faire croire que tout aller rentrer dans l’ordre d’ici peu.
Bref. Je sens bien que je dois vous lasser monsieur Vincent avec ma prose à rallonge. C’est vrai, comme vous ne venez jamais sur mon site vous ne pouvez pas savoir. Pas savoir combien j’ai la plume quelquefois lourde et tarabiscottée. Quelques-uns supportent, d’autres sont probablement agacés. Vous je ne sais pas … d’ailleurs il y a peu de chance pour que vous ne me lisiez.

Bref. Je suis donc dans le  couloir sombre qui mène à la salle 2, les petites dames une à une ralentissent le pas. Hésitent. Se font plus modérées. Me laissent filer devant.La vue du service d’ordre finit de  stopper leur élan de moins en moins vigoureux. A moins que ce ne soit tout simplement de la mesure. Moi, même timide, je ne dois pas toujours avoir la mesure de la mesure. On me dit parfois insupportable et dissipée.C’est mon côté gémeaux, voyez-vous. Ce soir là, c’est le côté n°2 qui s’est réveillé en salle n°1. Mais soyez assuré que je n’ai nullement voulu manquer de politesse.  Les vigiles sont deux à l’entrée, deux costauds devant lesquels mes compagnes baissent définitivement pavillon.  Non mais !  C’est quoi ça ?

Moi, me voilà reprise de cette même frénésie évoquée un jour ici, concernant mon entrevue au dernier salon de la BD avec le gentil Jean-Claude Servais pour lequel j’avais passé (très en douceur cette fois) toutes les barrières de contrôle afin d’arriver à mes fins. Je ne suis pourtant ni fan, ni excentrique à ce point. Mais partie j’étais, avec la louable intention de faire cesser le calvaire de mes compagnons d’attente de la salle n°1, alors je ne voyais pas pourquoi reculer maintenant.
Le jeune homme à l’entrée me saisit par la taille. Ce qui aurait pu, en d’autres circonstances me flatter. Là, ce n’est pas le même refrain. Et d’une, ce n’est pas une invitation en douceur, et de deux je crains fort pour mes côtes pas tout à fait remises de leur escapade alpine. Un deuxième arrive à la rescousse. Je me retourne et préviens “je crois que vous allez me recasser une côte” ce qui a pour résultat immédiat de leur faire lâcher prise à tous les deux. Ils se rangent illico presto sur le côté et me plantent là, au beau milieu du sas sombre.

Libérée de l’emprise, je décide de poursuivre mon chemin mais n'ai pas le temps d'aller plus loin dans mon entreprise hasardeuse. En faisant volte face,  je  me retrouve nez à nez … avec Dominique Besnehard. Nez à  nez c’est le mot. Le sas d’accès à la salle est fort étroit.  Et c’est précisément, à cet instant que l’équipe du film, alertée  par les vigiles qui jouaient de leur téléphone depuis un moment,  entame sa sortie.  Plus le moment de se dégonfler. Les petites dames se cachent maintenant derrière les vigiles. Moi j’entame la papotte. Quelques mots avec Monsieur Besnehard pour lui dire notre déception, et lui qui semble, et je le crois, sincère, très très ennuyé du contre temps. Pas très au courant non plus de l’organisation ou plus exactement de la désorganisation qui lui échappe. Vincent Lindon juste à côté a lui aussi son air ennuyé. Je lui adresse également quelques mots pour tenter d’expliquer la situation. C’est aux côtés de Monsieur Besnehard, son bras gentiment posé sur mon épaule,  que j’entre dans la salle n°1, triomphante. Ah? j’exagère ? non, non, du tout. Et lui de redire combien il est désolé, et  moi … moi, d’essayer de le rassurer tellement je le vois mal à l’aise, et de lui assurer que personne ne lui en voudrait bien sûr de ce contre-temps. J’y repense là, avant de rejoindre mon lit et me dis que c’était du n’importe quoi ! Moi, rassurer Dominique Besnehard alors qu’il débarque d’une salle où il n’a probablement entendu que des éloges !   L’accueil est tout d’abord mitigé.  Les applaudissements laissent percevoir  quelques huées discrètes . Quelques remarques aussi.  L’équipe dans un premier temps descend devant la fosse pour s’excuser. L’équipe oui. Mais les organisateurs dans tout cela ? Ceux qui ont prévu le timing, l’occupation des salles, vu aucun. Sans doute en salle 2 et trop occupés pour penser au petit peuple sans herbe, ni eau fraîche. L’équipe se dirige déjà vers la sortie pour rejoindre la salle 2. Flottement. Dominique Besnehard rassure un peu tout en remontant les marches. Vincent Lindon aussi. Le film devrait démarrer. C’est imminent. Ouf ! ça y est ! Silence, les images commencent à défiler.

Paf ! Dans la demi-minute, en salle de projection la pelloche se fait la malle. Huées. Rires aussi. Car, il faut bien finir par en rire.

Vincent revient et  prend encore le temps de rassurer, du moins, il essaie. Il prend sur lui le défaut d’organisation et  à défaut d’autre solution, propose aux spectateurs échaudés d’aller prendre l’air quelques instants. Ce que font certains qui reviennent avec des bouteilles d’eau distribuées généreusement.
Enfin le film redémarre.
Marteau piqueur. Vincent ne craint pas la chaleur. Nous si. Nous étions vraiment au maximum.  Le calme revient. Un enfant, son papa, sa maman. Le film commence à dérouler son fil. Son fil de la vie. Ordinaire. Des regards, des gestes. De la douceur, de la pudeur, de la tendresse si ce n’est le marteau-piqueur et la disqueuse que Vincent a bouzillé à la moitié du film.
Une heure et un peu plus de plaisir. Plaisir simple.Instants ordinaires sur lesquels Stéphane Brizé a su avec délicatesse poser sa caméra.
Moi, Mademoiselle Chambon, j’ai aimé même si ça sent pour moi  déjà un peu la rentrée. Même si certains diront que c’est la banalité. Une femme trompée par un mari volage. Enfin, on peut le dire comme ça.
De toute façon, c'est toujours ce que l'on dit. C'est tellement facile de dire.Courant il paraît. Une institutrice aguicheuse. Tiens ? ça existe ça ? On le dit moins. ça ne se fait pas de le dire. En tout cas moi je n'ai rien vu de tout ça dans Mademoiselle Chambon. Et vous savez quoi Monsieur Lindon ?  J'ai senti deux ou trois larmes par instants. Ah ! ... ces trains qui partent ... moi ça me fend le coeur. Oui, oui, ça me fend le coeur. Tiens, Pagnol, au FFA, c'est pas une idée ça !

Quand les lumières se sont rallumées, ils sont revenus : Vincent, Sandrine et les autres. Trop peu de temps.Dommage ! Les spectateurs qui ont mariné dans leur sueur pendant presque une heure auraient mérité un peu plus d’attention. Mais doit-on en vouloir à l’équipe présente ? Nous, les spectateurs lamba, nous n’avons pas eu droit aux discours d’ouverture. Nous avons juste eu droit à un beau film. En avant-première. Cinq euros la séance. Avec en prime quelques petites minutes d’acteurs. 
Ce soir, dans la salle 1 du CGR le maçon qui jouait des poings un moment contre son collègue,  n’a fait montre que de gentillesse mais quand bien même. Dominique Besnehard qui  parlait du sourire des Charentais aura pu constater que tous, ils sont sortis de la salle 1 avec le sourire. Oui, mais quand même, avec l’impression d’avoir été  un peu négligés. Enfin, on mettra ça sur le compte d’une organisation encore à ses balbutiements. ça ira mieux encore l’an prochain.

Moi Monsieur Vincent,  je ne joue pas du violon mais je suis aussi maîtresse d’école. J’étais ce soir dans la salle n°1,  cette salle que vous avez prétendue plus chaleureuse que la n°2. Plus chaleureuse oui. J’avais d’ailleurs suggéré lorsque vous êtes arrivés, un peu chahutés, lorsque du haut de l’escalier vous avez essayé de calmer quelques esprits que vous restiez avec nous pendant la projection, histoire, justement, d’apprécier pleinement la chaleur de la salle.
Au fait Monsieur Vincent, si je vous dis :
“Ce soir à Angoulême les spectateurs ont longtemps attendu l’équipe du film” saurez-vous m’indiquer le complément d’objet direct ?
Monsieur Vincent si vous passez sur mon blog vous excuserez la mauvaise qualité de la photo, mais elle reflète bien toute l’ardeur que vous avez mis à essayer de calmer le jeu. Et vous excuserez aussi mes longueurs. J’ai d’ailleurs mis pour les rédiger bien plus de temps que celui passé à vous attendre.

A demain soir monsieur Vincent pour Welcome. Nous serons en plein air. Nous n’aurons pas à nous plaindre de la chaleur. Mais qui sait si demain, un bel orage ne viendra pas à son tour nous donner à nous spectateurs quelques contrariétés.   Ah! Ces Charentais, jamais contents !  

Solange Tellier.

blogsudouest 27-08-09

un autre article sur le FFF d'Angoulême ici


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